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Lorsque nous regardons le comportement d’un enfant uniquement à travers une lentille comportementale, nous cherchons souvent à arrêter, corriger ou rediriger.
Mais dès que l’on change de perspective — en cherchant le “pourquoi” derrière le comportement — quelque chose change profondément :
nous ne cherchons plus à supprimer, mais à comprendre et soutenir (Greenspan & Wieder, 2006).
Certains comportements fréquemment perçus comme problématiques —
jeter, mettre en bouche, faire tomber, répéter une action encore et encore —
sont en réalité des manifestations d’une étape clé du développement : le jeu exploratoire. C’est l’un des tous premiers moyens d’entrée en relation avec le monde – le premier moyen actif et autonome d’explorer le monde par l’action (Trevarthen, 2011 ; Stern, 2010).
À ce stade, l’enfant utilise :
pour répondre à des questions fondamentales :
C’est une interaction sensori-motrice avec l’environnement qui participe à la construction de sa carte corporelle et temporo-spatiale (Ayres, 2005 ; Schaaf & Mailloux, 2015).
C’est ainsi que se construisent :
L’enfant qui fait tomber un objet encore et encore ne “provoque” pas.
Il expérimente. Il construit ses premières connaissances à travers l’action. Le jeu exploratoire est une base pour les interactions futures.
Chez des enfants neurodivergents, cette phase peut :
Cela pourrait être lié à :
Dans cette perspective, ces comportements ne seraient pas des retards à corriger, mais plutôt des chemins développementaux différents.
Ce qui invite à une question essentielle :
👉 Et si ces comportements étaient des indices, plutôt que des problèmes ?
On ne peut pas déterminer uniquement à partir d’un comportement :
Chaque enfant reste unique, et nécessite une observation contextualisée.
Observer un enfant dans cette phase, c’est adopter une posture différente :
👉 Regarder au lieu d’interrompre
👉 Se demander “pourquoi ?” plutôt que “comment arrêter ?”
Cela transforme profondément notre intervention.
Au lieu de dire :
“Arrête de jeter”
On peut se demander :
“Qu’est-ce qu’il est en train d’apprendre ?”
Cette posture s’inscrit dans des approches développementales et relationnelles où le sens du comportement est central, notamment dans les modèles basés sur la co-régulation et l’engagement (Greenspan & Wieder, 2006 ; Dion, 2018).
Le développement du jeu commence par l’exploration.
Et notre rôle n’est pas de le diriger… mais de rejoindre l’enfant là où il est.
Concrètement, cela signifie :
Par exemple :
On ne stoppe pas le jeu.
On l’élargit.
Cette posture s’inscrit dans les pratiques neuro-affirmatives :
Cette vision est cohérente avec des approches contemporaines centrées sur la sécurité, la relation et la régulation (Porges, 2011 ; Dion, 2018).
Attention : Cela ne signifie pas être permissif.
Il s’agit de poser un cadre, tout en :
Ce que nous percevons comme un comportement à corriger peut être :
👉 une fenêtre sur le développement
👉 une tentative d’apprentissage
👉 une porte d’entrée pour la relation
Changer de regard, c’est passer de :
“comment arrêter ?” à “comment rejoindre et soutenir ?”
Et souvent, c’est là que le développement prend toute son ampleur.
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